- Visa Non-B et Work Permit : deux documents qui ne suffisent jamais seuls
- Qui peut prétendre au visa Non-B
- Procédure étape par étape
- Documents à préparer
- Coûts détaillés
- Procédure BOI : une voie radicalement différente
- Changer d'employeur en Thaïlande
- Travailler sans autorisation : les sanctions en 2026
- Questions fréquentes
- Pour aller plus loin
Travailler légalement en Thaïlande coûte entre 3 000 et 6 000 THB en frais gouvernementaux, selon la durée du permis. Mais le vrai coût, c’est le temps perdu si vous ratez une étape. La procédure standard prend 7 à 15 jours ouvrés. La procédure BOI peut descendre à une journée. Et travailler sans autorisation expose à une amende jusqu’à 50 000 THB, à l’expulsion et à une interdiction de retour. Voilà les trois données à garder en tête avant de commencer.
Ce guide couvre les deux documents indispensables : le visa Non-Immigrant B (Non-B) et le Work Permit. Chacun a son rôle précis, son délai propre, son dossier à constituer. On les traite ici dans l’ordre chronologique, de la demande consulaire jusqu’à la réception du livret bleu.
Visa Non-B et Work Permit : deux documents qui ne suffisent jamais seuls
On confond souvent les deux. C’est compréhensible. Mais les confondre coûte cher en temps.
Le visa Non-B est délivré à l’étranger par une ambassade ou un consulat thaïlandais. Il autorise l’entrée sur le territoire dans un but professionnel. Il ne donne pas le droit de travailler. C’est un sésame d’entrée, rien de plus.
Le Work Permit (permis de travail) est délivré en Thaïlande par le Département de l’Emploi, rattaché au Ministère du Travail. Lui seul autorise l’exercice d’une activité rémunérée. Sans lui, le visa Non-B ne vous sert à rien professionnellement.
Les deux sont liés dans les deux sens : sans visa Non-B valide, pas de Work Permit possible. Et si votre Work Permit est annulé (démission, licenciement), votre visa d’un an tombe avec lui. La chaîne se casse des deux côtés.
À vérifier : le visa Non-B accordé par le consulat est généralement single entry (une seule entrée, 90 jours). Si vous devez voyager hors de Thaïlande avant d’avoir votre Work Permit, vous perdez votre visa. Demandez un multiple entry dès le départ si votre employeur peut justifier ce besoin.
Qui peut prétendre au visa Non-B
Le Non-B n’est pas réservé qu’aux salariés. Plusieurs profils y sont éligibles :
- Salarié d’une entreprise thaïlandaise ou d’une filiale de groupe étranger enregistrée en Thaïlande
- Enseignant ou formateur recruté par un établissement agréé
- Investisseur ou dirigeant nommé gérant d’une société enregistrée en Thaïlande
- Missionnaire ou représentant d’une organisation internationale reconnue
Dans tous les cas, c’est l’employeur qui ouvre la porte. Il doit lui-même répondre à des critères précis pour que votre demande soit recevable.
Critères imposés à l’employeur (procédure standard)
- Capital social libéré d’au moins 2 millions de bahts par employé étranger (soit environ 53 000 EUR au taux de mai 2026 : 1 EUR = 38 THB)
- Ratio de 4 employés thaïlandais pour 1 employé étranger, tous postes confondus
- Siège social physique vérifiable (les adresses de domiciliation virtuelle ne passent pas)
- Être à jour des obligations fiscales et de sécurité sociale
Ces deux critères (2M THB de capital, ratio 4:1) bloquent beaucoup de petites structures. Si votre employeur ne les remplit pas, il existe une alternative : la procédure BOI, abordée plus loin.
Procédure étape par étape
Six étapes. Dans cet ordre. Pas question de les réorganiser.
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L’employeur prépare son dossier d’approbation préalable
Avant même votre demande de visa, votre futur employeur doit obtenir une lettre d’approbation du Ministère du Travail (formulaire WP3 ou WP32). Ce document confirme que l’entreprise est autorisée à embaucher un étranger sur le poste visé. Sans ce papier, le consulat peut refuser votre dossier. -
Demande du visa Non-B au consulat thaïlandais de votre pays de résidence
Vous déposez votre dossier au consulat ou à l’ambassade thaïlandaise. Délai habituel : 3 à 5 jours ouvrés. Le visa accordé est valable 90 jours à partir de la première entrée. C’est pendant ces 90 jours que tout se joue. -
Entrée en Thaïlande
À l’aéroport, l’agent d’immigration tamponne votre passeport pour un séjour de 90 jours. Ce délai est la fenêtre pour finaliser le Work Permit. Ne la gaspillez pas. -
Examen médical obligatoire
Un certificat médical récent est requis. Il doit attester l’absence de six maladies spécifiques : lèpre, tuberculose, éléphantiasis, toxicomanie, alcoolisme chronique, syphilis au troisième stade. La liste paraît ancienne. Elle est pourtant toujours en vigueur. -
Dépôt du dossier Work Permit au Ministère du Travail
L’employeur dépose le dossier complet (documents entreprise + documents salarié) auprès du bureau provincial compétent. Vous n’avez pas besoin d’être présent à cette étape. -
Réception du livret de permis de travail
Après approbation (7 à 15 jours ouvrés à Bangkok, parfois plus en province), vous êtes convoqué pour signer les documents finaux. Vous repartez avec le livret bleu. Gardez-le sur vous en permanence lors de vos activités professionnelles.
Une fois le Work Permit obtenu, l’employeur engage également les démarches d’extension de séjour auprès de l’immigration pour convertir vos 90 jours en visa annuel renouvelable. Voir l’article dédié : renouvellement du visa de travail en Thaïlande.
Documents à préparer
Le dossier se constitue des deux côtés simultanément. Anticipez : si l’employeur tarde à réunir ses papiers, votre fenêtre de 90 jours se consomme.
Côté employé
- Passeport valide avec visa Non-B en cours de validité
- 4 photos d’identité récentes (3,5 x 4,5 cm, fond blanc)
- Diplômes et CV traduits et légalisés si demandés
- Certificat médical (datant de moins de 3 mois)
- Contrat de travail signé par les deux parties
- Formulaire de demande WP.1 rempli et signé
Côté employeur
- Certificat d’enregistrement de la société (DBD)
- Liste des actionnaires
- Déclaration de TVA récente (PP.30) et justificatif de capital libéré
- Liste du personnel thaïlandais (pour justifier le ratio 4:1)
- Plan et photos du lieu de travail déclaré
- Déclarations de cotisations sociales (assurance sociale thaïlandaise)
- Lettre d’approbation préalable du Ministère du Travail (WP3/WP32)
Le piège classique : les documents de l’entreprise doivent souvent être légalisés et traduits en thaï. Si votre employeur gère plusieurs recrutements étrangers simultanément, les délais s’allongent vite. Demandez une liste définitive dès la signature du contrat, pas la semaine avant votre départ.
Pensez aussi à enregistrer votre adresse de résidence auprès du propriétaire thaïlandais dès votre arrivée. Ce document (TM30) peut être demandé lors du dépôt du dossier Work Permit. Guide complet du TM30 ici.
Coûts détaillés
Les frais gouvernementaux sont fixes et relativement bas. Le vrai coût peut venir des honoraires d’un cabinet juridique si votre employeur externalise la procédure (comptez 5 000 à 15 000 THB supplémentaires selon le prestataire).
| Poste | Montant (THB) | Équivalent EUR (taux 38 THB) |
|---|---|---|
| Visa Non-B single entry (consulat en France) | ~2 000 THB | ~53 € |
| Frais de dossier Work Permit | 100 THB | ~3 € |
| Work Permit durée jusqu’à 3 mois | 750 THB | ~20 € |
| Work Permit durée 3 à 6 mois | 1 500 THB | ~39 € |
| Work Permit durée 6 à 12 mois | 3 000 THB | ~79 € |
| Extension visa annuel (immigration) | 1 900 THB | ~50 € |
| Total estimé procédure complète (12 mois) | ~8 000 THB | ~210 € |
Les frais consulaires varient légèrement selon le pays de dépôt. Le tableau ci-dessus s’appuie sur les tarifs officiels thaïlandais en vigueur au 1er janvier 2026. Le visa Non-B en France est facturé directement par l’ambassade royale de Thaïlande à Paris.
Procédure BOI : une voie radicalement différente
Si votre employeur est une entreprise promue par le Board of Investment thaïlandais (BOI), les règles changent complètement.
La procédure standard passe par le Ministère du Travail et l’Immigration de Chaeng Wattana. Dossier d’un côté, visa de l’autre, deux guichets différents, des délais qui s’additionnent.
La procédure BOI passe par le One Stop Service Center (OSSC), intégré depuis mars 2025 dans le nouveau centre TIESC (Thailand Investment and Expat Service Center). Visa et Work Permit se traitent au même endroit, parfois le même jour.
Différences clés
| Procédure standard | Procédure BOI (OSSC) | |
|---|---|---|
| Capital social exigé | 2 M THB par étranger | Pas d’exigence de ce type |
| Ratio thaïs/étrangers | 4 pour 1 | Exempt |
| Délai Work Permit | 7 à 15 jours ouvrés | 1 à 3 jours ouvrés |
| Visa annuel | Guichet immigration séparé | Même guichet OSSC |
| Visa conjoint (Visa O) | Démarche distincte | Traité simultanément |
La promotion BOI ne concerne pas toutes les entreprises. Elle vise principalement les secteurs à forte valeur ajoutée : tech, R&D, agroalimentaire, énergie propre, santé. Si votre employeur est BOI, il le saura et la procédure est gérée par son équipe RH habituée au circuit.
Le conjoint d’un travailleur BOI peut obtenir un Visa O avec Work Permit simplifié. Détail de la procédure conjoint ici.
Changer d’employeur en Thaïlande
C’est la situation la plus délicate. Mal anticipée, elle peut forcer un départ précipité du territoire.
Votre Work Permit est strictement lié à trois éléments : un employeur, un poste précis, un lieu de travail déclaré. Travailler pour une autre entreprise, même ponctuellement, est illégal tant que le permis n’est pas modifié.
Quand vous quittez votre emploi, le Work Permit est annulé. Et avec lui, la base légale de votre visa annuel. Ce qui reste : les jours non consommés de votre tampon d’entrée, qui deviennent automatiquement votre délai légal de présence.
La procédure à suivre immédiatement :
- Restituer le Work Permit au Ministère du Travail dans les 7 jours suivant la fin du contrat
- Se présenter à un bureau de l’immigration pour obtenir une extension de 7 jours (délai de grâce légal)
- Dans ce délai : soit quitter le territoire, soit finaliser l’embauche avec le nouvel employeur et relancer une procédure complète
Concrètement, changer d’employeur sans quitter la Thaïlande est possible, mais il faut que le nouvel employeur soit prêt à déposer le dossier de Work Permit immédiatement. La synchronisation doit être parfaite. Beaucoup d’expatriés font un aller-retour rapide vers un pays voisin (Malaisie, Cambodge) pour reprendre un visa Non-B propre et repartir sur de nouvelles bases.
Pour le suivi de vos obligations de présence une fois installé (le « 90-day report »), consultez ce guide dédié.
Travailler sans autorisation : les sanctions en 2026
Le Ministère du Travail thaïlandais a lancé en mai 2026 une opération nationale de contrôle des travailleurs étrangers illégaux. Les inspections se sont intensifiées dans les zones touristiques, les restaurants, les agences immobilières et les auto-écoles : des secteurs où les étrangers travaillent souvent sans permis.
Les sanctions sont lourdes des deux côtés.
Pour l’employé étranger
- Amende de 5 000 à 50 000 THB (130 à 1 300 EUR)
- Expulsion du territoire
- Interdiction de retour en Thaïlande, de 2 ans minimum
- Dans les cas graves : peine d’emprisonnement jusqu’à 5 ans
Pour l’employeur thaïlandais
- Amende de 10 000 à 100 000 THB par travailleur illégal détecté (260 à 2 600 EUR)
- En cas de récidive : interdiction d’embaucher des étrangers pendant 3 ans, amende jusqu’à 200 000 THB, peine de prison jusqu’à 1 an
Les contrôles ne ciblent pas que les travailleurs sans aucun papier. Un étranger qui a un Work Permit pour un poste A mais effectue les tâches du poste B est techniquement en infraction. Idem pour celui qui travaille depuis un bureau non déclaré dans son permis.
Questions fréquentes
Peut-on demander le visa Non-B depuis la Thaïlande avec un visa touriste ?
Non. Le visa Non-B doit être demandé dans votre pays de résidence habituelle (ou dans un pays tiers, depuis une ambassade thaïlandaise). Arriver en visa touriste puis tenter de le convertir sur place est une procédure qui n’existe pas. Il faut ressortir du territoire et déposer le dossier depuis l’étranger.
Mon employeur est une petite start-up avec moins de 4 salariés thaïlandais. C’est bloquant ?
En procédure standard, oui. Le ratio 4 thaïlandais pour 1 étranger est exigible. Mais certaines exceptions existent : entreprises unipersonnelles thaïlandaises dans des secteurs spécifiques, travailleurs hautement qualifiés (médecins, ingénieurs), ou entreprises en cours de constitution. Un cabinet spécialisé peut évaluer si une dérogation est applicable. La procédure BOI est l’autre solution si l’entreprise peut obtenir le statut.
Combien de temps entre le dépôt et la réception du livret bleu ?
En procédure standard : 7 à 15 jours ouvrés à Bangkok, jusqu’à 3 semaines en province. En procédure BOI via l’OSSC : 1 à 3 jours ouvrés. Ces délais s’entendent une fois le dossier complet déposé. Un dossier incomplet allonge tout.
Le Work Permit doit-il être renouvelé chaque année ?
Oui. Il est accordé pour une durée maximale d’un an, alignée sur la durée du visa. Le renouvellement doit être anticipé : déposer le dossier au moins 30 jours avant l’expiration. Une interruption entre deux permis valides oblige techniquement à cesser toute activité professionnelle. Guide complet du renouvellement.
Mon conjoint peut-il travailler avec un visa de dépendant ?
Pas directement. Le Visa O (conjoint d’expatrié) ne donne pas le droit de travailler. Pour exercer une activité rémunérée, le conjoint doit obtenir son propre Work Permit, en suivant une procédure distincte (plus simplifiée pour les entreprises BOI). Détail de la procédure conjoint ici.
Que se passe-t-il si mon Work Permit expire un jour férié ?
Vous avez jusqu’au prochain jour ouvré pour le renouveler sans pénalité. Mais ne comptez pas sur ce délai de grâce informel : les bureaux du Ministère du Travail sont souvent fermés les veilles de jours fériés. Anticipez d’au moins deux semaines.
Le visa Non-B autorise-t-il à faire du tourisme pendant les 90 jours ?
Oui. Il n’y a pas d’interdiction de voyager à l’intérieur du pays pendant la période de 90 jours. En revanche, quitter le territoire avec un visa Non-B single entry annule le visa. Si vous avez besoin de voyager hors de Thaïlande avant d’obtenir le Work Permit, demandez une réentrée multiple (Multi-Entry Non-B) dès le dépôt de la demande consulaire.
Pour aller plus loin
Visa Non-B et Work Permit ouvrent la porte. Mais la vie administrative en Thaïlande ne s’arrête pas là. Deux obligations reviennent régulièrement : le 90-day report, que tout étranger en visa long séjour doit effectuer tous les 90 jours auprès de l’immigration, et le TM30, que votre propriétaire doit déclarer dans les 24h suivant votre arrivée dans un nouveau logement. Ce sont deux démarches courtes, mais dont l’oubli génère des amendes.
Et si votre situation professionnelle change, pensez à préparer le renouvellement annuel au moins un mois à l’avance : le dossier à réunir est quasiment identique au dossier initial.